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Le
Macandal. Marie
Augustin. Texte établi par Lindsey Monds.
ISBN: 978-0-9820558-5-4. $15.50
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Le Macandal.
Marie Augustin. Texte établi par Lindsey Monds.
En incorporant des
souvenirs passés de génération en génération
dans une famille des réfugiés de Saint-Domingue et
en employant des stéréotypes raciaux et des conventions
littéraires de son temps et milieu social, Marie Augustin
construit un ouvrage dramatique de fiction historique fondé
sur un épisode imaginé de la Révolution haïtienne.
Plusieurs acteurs blancs et noirs des Révolutions haïtiennes
et françaises y apparaissent : Mirabeau, Marat, Ogé,
Chavannes, Boukman, Toussaint-Louverture, Dessalines, Rigaud, parmi
d’autres. On suppose que l’auteur n’avait que
19 ans au moment de la rédaction du Macandal puisque
la dédicace à ses neveux et nièces date de
1870, époque où la Nouvelle Orléans subissait
la Reconstruction radicale.
François Macandal était
un esclave africain accusé d’avoir pour projet d’empoisonner
tous les blancs de Saint-Domingue. Il fut capturé et brûlé
vif en 1758, mais sa légende continua à inspirer les
craintes et les espoirs d’insurrection générale.
En dépit de l’année indiquée dans le
premier chapitre, 1793, le roman se déroule à la veille
du soulèvement de 1791 et contient une version de la cérémonie
de Bois-Caïman, événement symbolique important
sinon vrai. Marie Augustin crée deux personnages grâce
auxquels Macandal persiste : Wamba, son épouse, et Dominique,
son fils.
À un moment, Wamba, prêtresse
vaudou, harangue les noirs assemblés : « On
vous a fouettés, vous fouetterez ; on vous a brûlés,
vous brûlerez ; on a fait couler votre sang, à
votre tour, ô mes enfants ! Macandal vous l’a promis,
vous vous abreuverez du sang de vos bourreaux ! »
Malgré le fait que ceci soit un exemple de l’image
effrayante des esclaves insurgés vengeurs repris dans beaucoup
de textes coloniaux, Marie Augustin préfère insister
sur la modération, sur la vision de l’émancipation
physique et morale de la race noire, ainsi que sur la sollicitude
pour les blancs de Toussaint-Louverture.
Paul
LACHANCE
Université
d’Ottawa
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